Un film de Jafar Panahi
Iran - 2006 - 1h30 - v.o. sous-titrée - format 1,85
avec Sima Mobarak-Shahi, Safar Samandar, Shayesteh Irani
8 Mai 2006 : l'Iran est en passe de se qualifier pour la coupe du monde de football. Un car de supporters déchaînés est en route vers le stade. Une fille déguisée en garçon s'est discrètement glissée parmi eux. Elle ne sera pas la seule à tenter de transgresser l'interdiction faite aux femmes d'assister aux manifestations sportives. À l'entrée du stade, elle est démasquée et confiée à la brigade des moeurs qui devra décider de son sort. Enfermée dans un enclos improvisé, elle est très vite rejointe par d'autres filles. Ensemble, elles refusent d'abandonner et usent de toutes les techniques pour voir le match.
De Michelangelo Antonioni
Grande–Bretagne / Italie / Etats–Unis
1966 – couleur – 1h50
Avec David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Verushka von Lehndorff, Jane Birkin…
Palme d’or au Festival de Cannes 1967
Si la Nouvelle Vague française a redéfini d’un seul coup les contours du cinéma, jusqu’à essaimer un peu partout dans le monde tout au long des années 60, Antonioni représente lui une autre branche du cinéma moderne, moins spontanée, plus concertée et sans doute plus énigmatique, plus mystérieuse. Quand le grand cinéaste italien décide, au milieu des années 60, d’aller voir ailleurs, il a déjà une œuvre conséquente derrière lui, et tout particulièrement sa tétralogie dédiée à sa muse, Monica Vitti, qui, de L’Avventura au Désert rouge, fait de lui un metteur en scène controversé mais célèbre. Pourtant, à ce moment, il décide de faire table rase et de se transporter dans le swingin’ London de 1966, foyer central de la révolution pop. Pour autant, même si Blow Up prend parfois l’allure d’un document ethnographique sur les mœurs d’une tribu aux règles étranges, il est difficile de voir le film d’Antonioni comme une simple exploration du Londres branché de l’époque. L’ambition du cinéaste est, en réalité, beaucoup plus vaste, à la fois artistique et métaphysique. Inspiré d’une nouvelle de Julio Cortazar, adapté par Antonioni lui-même et le fidèle Tonino Guerra et nourri par les dialogues du dramaturge anglais Edward Bond, Blow Up est une fable incroyablement subtile sur les apparences, sur le statut de l’œuvre d’art, sur un monde dont le sens s’évapore à mesure qu’il semble se révéler. Pas d’improvisation chez Antonioni mais une construction dont la rigueur est invisible. Il s’agit de suivre le trajet d’un photographe de mode, inspiré par la figure emblématique de David Bailey, confronté, le temps d’une journée et d’une nuit, à un vertige qui le dépasse et qui met en question les fondements mêmes de son existence. Dans un Londres fantomatique filmé comme une splendide abstraction architecturale, Thomas, le photographe, est d’abord montré comme une sorte de dandy absolu dont l’arrogance se manifeste en permanence.
Dans les séances de shoot photographique, Thomas est filmé comme un prédateur qui fond sur ses proies et les vampirise au gré de ses humeurs. Ces moments lui procurent l’ivresse d’une maîtrise totale qu’Antonioni va s’employer à déconstruire à mesure que son héros très solitaire est mis en présence d’événements étranges qui se produisent dans un de ces fameux parcs londoniens. Là, Thomas commence à faire l’expérience d’une perte, d’une fuite, à travers un morceau de réalité qui lui échappe peu à peu. Si, dans la fameuse séquence de l’agrandissement, le photographe découvre quelque chose qu’il n’avait pas vu au moment de la prise de vue – une sorte d’image dans le tapis, pour reprendre le titre d’une nouvelle d’Henry James, un écrivain qui n’est jamais très loin d’Antonioni – c’est pour mieux le perdre, comme si le fragment agrandi se dérobait à mesure qu’il se révélait, jusqu’à cet étrange final – cette partie de tennis mimée par quelques jeunes gens en goguette – où la réalité n’est plus qu’une illusion. Antonioni n’a aucune empathie pour son personnage et le filme à distance comme un zombi solitaire, un enfant gâté qui traverse un monde sans épaisseur. Ce monde est aussi séduisant que dérisoire comme le manche de guitare que Thomas conquiert de haute lutte, pendant le concert des Yardbirds, avant de l’abandonner aussi vite dans la rue tel un fétiche dénué de valeur. La froideur du regard d’Antonioni renforce le sentiment de fascination qui emplit peu à peu le spectateur devant le spectacle d’un univers indéchiffrable. Ce qui fait de Blow Up un film capital pour saisir l’euphorie d’une époque en même temps que sa vanité profonde mais également un film aussi influent que le Vertigo d’Hitchcock. Référence très directe pour le Blow Out de Brian de Palma, quinze ans plus tard, a directement influencé tout le cinéma des années 70, aussi bien les premiers Dario Argento (jusque dans le choix de David Hemmings pour Les frissons de l’angoisse) que le Conversation secrète de Coppola.
Thierry Jousse
Iran - 2006 - 1h30 - v.o. sous-titrée - format 1,85
avec Sima Mobarak-Shahi, Safar Samandar, Shayesteh Irani
8 Mai 2006 : l'Iran est en passe de se qualifier pour la coupe du monde de football. Un car de supporters déchaînés est en route vers le stade. Une fille déguisée en garçon s'est discrètement glissée parmi eux. Elle ne sera pas la seule à tenter de transgresser l'interdiction faite aux femmes d'assister aux manifestations sportives. À l'entrée du stade, elle est démasquée et confiée à la brigade des moeurs qui devra décider de son sort. Enfermée dans un enclos improvisé, elle est très vite rejointe par d'autres filles. Ensemble, elles refusent d'abandonner et usent de toutes les techniques pour voir le match.
Blow Up
De Michelangelo Antonioni
Grande–Bretagne / Italie / Etats–Unis
1966 – couleur – 1h50
Avec David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Verushka von Lehndorff, Jane Birkin…
Palme d’or au Festival de Cannes 1967
Dans les séances de shoot photographique, Thomas est filmé comme un prédateur qui fond sur ses proies et les vampirise au gré de ses humeurs. Ces moments lui procurent l’ivresse d’une maîtrise totale qu’Antonioni va s’employer à déconstruire à mesure que son héros très solitaire est mis en présence d’événements étranges qui se produisent dans un de ces fameux parcs londoniens. Là, Thomas commence à faire l’expérience d’une perte, d’une fuite, à travers un morceau de réalité qui lui échappe peu à peu. Si, dans la fameuse séquence de l’agrandissement, le photographe découvre quelque chose qu’il n’avait pas vu au moment de la prise de vue – une sorte d’image dans le tapis, pour reprendre le titre d’une nouvelle d’Henry James, un écrivain qui n’est jamais très loin d’Antonioni – c’est pour mieux le perdre, comme si le fragment agrandi se dérobait à mesure qu’il se révélait, jusqu’à cet étrange final – cette partie de tennis mimée par quelques jeunes gens en goguette – où la réalité n’est plus qu’une illusion. Antonioni n’a aucune empathie pour son personnage et le filme à distance comme un zombi solitaire, un enfant gâté qui traverse un monde sans épaisseur. Ce monde est aussi séduisant que dérisoire comme le manche de guitare que Thomas conquiert de haute lutte, pendant le concert des Yardbirds, avant de l’abandonner aussi vite dans la rue tel un fétiche dénué de valeur. La froideur du regard d’Antonioni renforce le sentiment de fascination qui emplit peu à peu le spectateur devant le spectacle d’un univers indéchiffrable. Ce qui fait de Blow Up un film capital pour saisir l’euphorie d’une époque en même temps que sa vanité profonde mais également un film aussi influent que le Vertigo d’Hitchcock. Référence très directe pour le Blow Out de Brian de Palma, quinze ans plus tard, a directement influencé tout le cinéma des années 70, aussi bien les premiers Dario Argento (jusque dans le choix de David Hemmings pour Les frissons de l’angoisse) que le Conversation secrète de Coppola.
Thierry Jousse
L'histoire
Combattant pour son pays, la Tomania, en 14-18, un soldat sauve un officier blessé et s'envole avec lui dans un avion qui atterri en catastrophe. Après un long séjour à l'hôpital, amnésique, il rejoint le ghetto ou il possède une échoppe de barbier. Entre-temps, le Dictateur Hynkel est arrivé au pouvoir et prononce des discours contre les juifs. Dans le ghetto, sujet aux brimades des miliciens, le barbier fait la connaissance d'une jeune femme, Hannah, dont il tombe amoureux. Pendant ce temps, Hynkel rêve de conquérir le monde...
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